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Monnaies françaises · XIXe siècle

20 francs or Napoléon Ier

1803-1815 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Mougins · mise à jour le

20 francs or Napoléon Ier tête laurée, 1810, avers20 francs or de 1810, revers Empire français : valeur dans une couronne de laurier
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids6,45 g
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Années de frappeAn XI (1803) à 1815
TypesSept : Premier Consul, Napoléon Empereur an 12, tête nue an 13-14, tête nue 1806, tête nue transitoire 1807, tête laurée République 1807-1808, tête laurée Empire 1809-1815
AteliersA (Paris), H (La Rochelle), I (Limoges), K (Bordeaux), L (Bayonne), M (Toulouse), Q (Perpignan), T (Nantes), U (Turin), W (Lille), CL (Gênes), R couronné (Rome), mât (Utrecht)
Tirage du type Empire13 833 717 de 1809 à 1814, plus 463 682 pendant les Cent-Jours
GraveurPierre-Joseph Tiolier, puis Jean-Pierre Droz
Tranche« DIEU PROTEGE LA FRANCE »
RéférencesLe Franc F.510 à F.516A ; Gadoury 1020 (Premier Consul), 1025 (Empire) ; KM 651, 674, 695
Catégoriesfrançaises, or

Premier 20 francs en or de l'histoire du franc, cette pièce est née avec la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) et a été frappée jusqu'aux Cent-Jours de 1815. Un profil de Bonaparte puis de l'Empereur, une date parfois écrite « AN XI » ou « AN 13 », une lettre d'atelier sous la couronne du revers : trois indices suffisent pour la situer. Avec plus de 18 millions d'exemplaires, elle reste présente dans bien des héritages, souvent rangée avec des pièces plus récentes.

Identification

20 francs or Napoléon Ier : reconnaître la pièce

20 francs or Napoléon Ier tête laurée, 1810, avers

Avers

Profil tourné vers la gauche. Légende « BONAPARTE PREMIER CONSUL » sur le tout premier type, puis « NAPOLEON EMPEREUR » dès l'an 12. Tête nue jusqu'en 1807, tête couronnée de laurier ensuite.

20 francs or de 1810, revers Empire français : valeur dans une couronne de laurier

Revers

Couronne entourant « 20 FRANCS » et la date, lettre d'atelier placée dessous. Légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE » jusqu'en 1808, « EMPIRE FRANÇAIS » à partir de 1809. Date en an révolutionnaire (AN XI à AN 14) jusqu'en 1805, en année ordinaire à partir de 1806.

Tranche
En toutes lettres « DIEU PROTEGE LA FRANCE », pour tous les types du Consulat et de l'Empire.
Graveur
Pierre-Joseph Tiolier a gravé le Premier Consul et le premier type « NAPOLEON EMPEREUR » de l'an 12 ; Jean-Pierre Droz a signé les têtes nues et laurées, de l'an 13 à 1815.
Millésimes et tirages

20 francs or Napoléon Ier : les dates à connaître

Commencez par la date, puis cherchez la lettre sous la couronne du revers. Une date en an révolutionnaire vous place avant 1806 ; une année suivie de la lettre A désigne Paris, qui a frappé la grande majorité des pièces. Les lignes à faible tirage concernent surtout l'an XI, les ateliers de province entre l'an 13 et 1809, les ateliers d'Italie et d'Utrecht à la fin de l'Empire, et les pièces de 1815 au nom de l'Empereur.

20 francs or Napoléon Ier : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
An XIA58 262Premier Consul, première année : la plus rare du type
An 12A988 244Premier Consul
An 12A428 143Napoléon Empereur, revers République
An 13A518 871Tête nue, calendrier révolutionnaire
An 13Q522Perpignan, très faible tirage
An 13T918Nantes
An 14A148 308Dernière année du calendrier révolutionnaire
An 14U1 755Turin
1806A963 896Tête nue, seul type d'une seule année
1806U17 278Turin
1807A581 934Tête nue « grosse tête », type transitoire
1807A244 476Première tête laurée, revers République
1808A1 449 781Tête laurée, revers République
1808K281Bordeaux, l'un des plus faibles tirages de la série
1808M22 273Toulouse ; variété « à la corne » sous le laurier
1809A688 252Première année du revers Empire
1809H501La Rochelle
1810A1 936 194Variétés grand coq et petit coq
1811A3 705 489Plus fort tirage annuel du règne
1812A3 072 365Courante
1812R couronné13 693Rome
1813A2 798 409Courante
1813CL4 380Gênes
1813Mât90 183Utrecht
1814A327 603Dernière année avant l'abdication
1814CL887Gênes
1815A435 981Cent-Jours ; existe avec 5 regravé sur 4
1815L18 332Cent-Jours, Bayonne
1815W9 369Cent-Jours, Lille

Chiffres de frappe repris des tableaux de BDOR, type par type ; les combinaisons année et atelier suivent le catalogue Le Franc (F.510 à F.516A). Les totaux par type concordent avec Wikipédia. Coinvarieties publie des nombres légèrement différents pour 1806 A (962 929) et 1811 A (3 702 681). Seule une sélection figure ici : le dernier type compte à lui seul 42 combinaisons.

Lire la pièce en trois gestes

Prenez la pièce à la lumière, côté portrait. Si la légende commence par « BONAPARTE », vous tenez le type du Consulat, frappé en l'an XI et en l'an 12. Si elle dit « NAPOLEON EMPEREUR », regardez la tête : nue, elle date d'avant 1807 ; entourée de laurier, elle date de 1807 ou après.

Retournez ensuite la pièce. La légende du revers tranche une hésitation fréquente : jusqu'en 1808, l'Empire frappe encore « REPUBLIQUE FRANÇAISE », et ce n'est qu'un décret du 22 octobre 1808 qui impose « EMPIRE FRANÇAIS » à partir de 1809. Un Empereur sur une face et la République sur l'autre n'est donc pas une anomalie. La date confirme : AN XI, AN 12, AN 13 et AN 14 appartiennent au calendrier révolutionnaire, abandonné au profit de l'année grégorienne en 1806.

Troisième geste, la lettre sous la couronne. Elle désigne l'atelier. Ces trois lectures donnent l'un des sept types recensés : Premier Consul, Empereur de l'an 12, tête nue des ans 13 et 14, tête nue de 1806, tête dite « grosse tête » de 1807, tête laurée à revers République (1807-1808), tête laurée à revers Empire (1809-1815).

Ce que racontent les lettres d'atelier

Paris (A) domine si nettement la production que la plupart des pièces retrouvées en portent la lettre. Les autres lettres racontent la géographie de l'Empire. Bordeaux (K), La Rochelle (H), Perpignan (Q), Nantes (T) ou Limoges (I) n'ont parfois livré que quelques centaines de pièces une année donnée : 281 exemplaires pour 1808 K, 501 pour 1809 H, 522 pour l'an 13 Q.

Plus loin, les ateliers des territoires annexés ont aussi frappé le 20 francs : Turin (U) dès l'an 14, puis Rome, reconnaissable à un R surmonté d'une couronne, Gênes (CL) et Utrecht, dont la marque est un mât. Ces frappes de la fin du règne restent rares, à l'exception d'Utrecht en 1813.

Les catalogues relèvent aussi de petites variétés : un coq de grande ou de petite taille en 1810 à Paris, un défaut en forme de corne sous le laurier sur certains 1808 M, des millésimes larges ou serrés à Rome, Turin et Lille, un « 1813 » ou « 18 13 » à Utrecht, un 5 regravé sur un 4 sur des 1815 de Paris. L'an 12 Empereur est connu en frappe médaille et sans point après « FRANÇAISE ». Toutes ces différences se voient à la loupe, pas à l'œil nu.

Une pièce datée 1815 : l'Empereur ou le roi ?

L'année 1815 est la plus piégeuse de la série. Après l'abdication de 1814, Louis XVIII fait frapper ses propres 20 francs, avec un buste habillé. Napoléon revient en mars 1815 et relance la frappe à son nom à Paris, Bayonne et Lille pendant les Cent-Jours. Deux pièces du même poids, du même module et de la même année portent donc des portraits différents. Seule la légende de l'avers les départage : « NAPOLEON EMPEREUR » d'un côté, « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE » de l'autre. Le type royal est présenté avec les 20 francs or de la Restauration et de Louis-Philippe.

D'autres pièces se glissent dans les mêmes boîtes. Le 40 francs or reprend les portraits impériaux sur 26 mm et 12,90 g. Le 20 francs Napoléon III, postérieur à 1852, porte un « III » après le nom. Le royaume d'Italie a frappé des 20 lire au nom de « NAPOLEONE », en italien. Et le louis d'or, que les familles confondent souvent avec le napoléon, appartient à l'Ancien Régime.

Usure, montures et contrefaçons

Sur le profil, les premiers reliefs à s'effacer sont la chevelure au-dessus de l'oreille, la tempe et la pommette. Sur les têtes laurées, une pièce peu circulée laisse voir la nervure de chaque feuille ; une pièce usée montre une bande lisse. Sur les têtes nues, surveillez les mèches de la nuque. Au revers, comptez les feuilles encore distinctes dans la couronne et regardez le nœud du bas. Les légendes du bord résistent longtemps et renseignent peu sur l'état.

Beaucoup de ces pièces ont été portées en pendentif. Une soudure ou un anneau retiré laissent une trace sur la tranche, souvent au-dessus de la tête. Ne frottez rien : le nettoyage raye les champs et efface le brillant d'origine. Les guides sur les états de conservation et sur le nettoyage détaillent ces points.

Les faux existent, parfois en or au bon titre. Contrôlez d'abord 6,45 g et 21 mm, puis la régularité des lettres de la tranche. Un portrait flou, des mèches pâteuses ou un fond granuleux doivent alerter. Sur une lettre rare (H, K, Q, T, CL) ou un an XI, examinez le pourtour de la lettre et des chiffres : une retouche transforme parfois une pièce banale. Le guide sur les fausses pièces reprend la méthode.

À Mougins

20 francs or Napoléon Ier en Côte d'Azur

Le retour de l'île d'Elbe commence tout près de Mougins : Napoléon débarque à Golfe-Juan le 1er mars 1815 et prend aussitôt la direction de Grasse pour gagner les Alpes, ouvrant les Cent-Jours pendant lesquels ses derniers 20 francs sont frappés. La route Napoléon d'aujourd'hui, l'ancienne nationale 85, traverse d'ailleurs la commune. Sous l'Empire, le comté de Nice, de l'autre côté du Var, était français depuis 1793 : ces pièces circulaient donc sur les deux rives du fleuve, et on les retrouve dans les successions du pays de Grasse.

20 francs or Napoléon Ier : questions fréquentes

L'avers montre l'Empereur mais le revers dit « REPUBLIQUE FRANÇAISE » : est-ce une erreur ?

Non. De l'an 12 à 1808, les pièces impériales gardent cette légende au revers. Elle n'est remplacée par « EMPIRE FRANÇAIS » qu'à partir de 1809.

Ma pièce porte « CL », un mât ou un R couronné : est-elle française ?

Oui. Ce sont les marques des ateliers de Gênes, d'Utrecht et de Rome, rattachés à l'Empire. Leurs tirages sont faibles et méritent un examen attentif par un numismate.

Comment savoir si un 20 francs a été monté en bijou ?

Regardez la tranche, surtout au-dessus de la tête : une trace de soudure, une zone limée ou une lettre écrasée trahissent un anneau ou une monture retirés.

Faut-il peser la pièce avant de la montrer ?

C'est un bon premier contrôle : un 20 francs de cette époque pèse 6,45 g pour 21 mm. Un écart net mérite une vérification, mais le poids seul ne prouve pas l'authenticité.