Trois indices à lire dans l'ordre
Prenez la pièce sous une lampe, une loupe de grossissement 5 ou 10 à la main, et procédez toujours dans le même ordre.
Le roi d'abord. Le chiffre qui suit LVD (ou LUD) dans la légende de l'avers le désigne : XIII, XIIII (parfois XIV), XV ou XVI. Le sens du profil aide quand la légende est usée : vers la droite jusqu'à Louis XIV, vers la gauche ensuite.
Le revers ensuite. Une croix de L, un soleil au centre, deux écus ovales qui évoquent une paire de lunettes, deux écus carrés côte à côte : chaque dessin correspond à une période courte, souvent quelques années seulement. Le tableau ci-dessus les reprend dans l'ordre.
L'atelier et la date enfin. La lettre identifie la ville de frappe : A pour Paris, D pour Lyon, & pour Aix-en-Provence, W pour Lille. Elle se trouve selon les types sous le buste, au centre de la croix ou sous les écus. Le millésime, en chiffres arabes, est placé à proximité.
Notre page sur les ateliers monétaires donne la liste complète des lettres.
Pourquoi deux louis n'ont pas le même poids
Le louis n'a jamais eu un poids unique. À sa création, sous Louis XIII, il contient environ 6,75 g d'or à 22 carats. Il est frappé au balancier, une machine qui donne des flans bien ronds : une pièce rognée sur le bord se repère donc facilement.
La première rupture date de 1709. Pour financer la guerre, la couronne fait refondre les espèces et le nouveau louis au soleil passe à 8,158 g. La décennie suivante est instable : sous la Régence et pendant le système de Law, le poids monte à 12,235 g avec le louis de Noailles, redescend vers 9,79 g, puis tombe à 6,525 g avec le mirliton de 1723.
L'édit de janvier 1726 ramène le louis à 8,158 g. Ce standard dure près de soixante ans, à travers les louis aux lunettes, au bandeau, à la vieille tête et les premiers types de Louis XVI. La dernière réforme, en 1785, l'abaisse à 7,649 g ; c'est le louis aux écus carrés.
Conséquence pratique : un exemplaire qui s'écarte nettement du poids de son type n'est pas forcément faux, mais il a une histoire. Usure, rognure, trou rebouché ou fabrication frauduleuse : il faut chercher laquelle.
Demi-louis, louis ou double louis ?
Les trois modules partagent le même dessin. Seuls le diamètre et le poids les distinguent, d'où l'intérêt de la balance.
Le demi-louis pèse la moitié du louis de son époque : environ 3,38 g jusqu'en 1709, autour de 4,08 g pour les types au soleil, aux lunettes et au bandeau. Son diamètre tourne autour de 20 mm.
Le double louis n'a pas été frappé pour toutes les séries. Numista en signale sous Louis XIII, pour les types de Louis XIV à l'écu, aux quatre L, aux insignes et au soleil, pour le mirliton, le bandeau et la vieille tête de Louis XV, et pour les deux grands types de Louis XVI. Le double louis aux écus carrés mesure environ 28 mm.
À part, la Monnaie de Paris a produit en 1640 des multiples de 4, 8 et 10 louis, destinés aux présents et aux cérémonies. Ils n'ont pas servi aux paiements de tous les jours.
Le même raisonnement s'applique à chaque module : roi, revers, lettre, date, puis contrôle du poids. Pour l'or des siècles suivants, voyez le 20 francs or de Napoléon Ier.
Bijou, refrappe ou copie : les cas qui demandent un second regard
Les traces d'un ancien dessin. Entre 1690 et le début des années 1700, les ateliers ont souvent refrappé les louis en circulation avec un type nouveau au lieu de les fondre : ce sont les réformations. Des lettres ou des contours fantômes apparaissent alors sous le dessin principal. C'est une caractéristique d'époque, notée dans les catalogues, pas une fabrication récente.
Les variantes suivies par les collectionneurs. Le mirliton existe à palmes courtes et à grandes palmes ; le louis aux insignes de Louis XIV se rencontre avec cheveux courts ou longs.
Les pièces passées par la bijouterie. Beaucoup de louis ont été sertis dans une broche ou suspendus à une chaîne. Une bélière arrachée, une soudure sur la tranche ou un trou rebouché réduisent beaucoup leur intérêt de collection, sans en faire de fausses monnaies.
Les imitations. Il existe des copies en or bas titre et en métal doré. Vérifiez le poids au centième, le diamètre au pied à coulisse et la netteté des lettres, souvent molles sur une copie. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille ces gestes.
La confusion de vocabulaire. Beaucoup de familles appellent « louis » les pièces de 20 francs or du XIXe siècle. Une légende en français et une dénomination en francs désignent un napoléon, par exemple le 20 francs or Napoléon III.
Où l'usure se voit en premier
Côté portrait, regardez les points les plus saillants : la chevelure au-dessus de l'oreille, le laurier ou le bandeau, la pommette. Sur les louis de Louis XV et de Louis XVI, les boucles se fondent les unes dans les autres bien avant que le profil ne s'aplatisse.
Côté revers, les couronnes posées sur les écus ou sur les L sont le meilleur témoin. Leurs perles se lisent une à une sur un exemplaire peu usé ; elles forment une bande lisse sur un louis qui a longtemps circulé. Les fleurs de lis des écus perdent aussi leurs arêtes.
Un champ couvert de fines rayures parallèles signale un frottage ou un nettoyage, qui fait descendre l'état : lisez pourquoi il ne faut pas nettoyer une pièce. Un cordon de tranche écrasé par endroits fait penser à une monture. Les grades TB, TTB et SUP sont expliqués dans le guide des états de conservation.