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Monnaies étrangères · Belgique, Italie, Suisse

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia

Belgique, Italie, Suisse · 1861-1914 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Mougins · mise à jour le

20 francs or belge de 1867, avers : tête de Léopold II à droite20 francs or belge de Léopold II, revers : écu au lion couronné, devise « L’union fait la force »
Photos : Monnaie royale de Belgique, domaine public, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
PaysBelgique, Italie, Suisse
MétalOr 900 ‰ (10 % de cuivre)
Poids6,45 g (6,4516 g)
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Années de frappeBelgique : 1865-1882 et 1914 ; Italie : 1861-1897 pour les deux règnes présentés ; Suisse Helvetia : 1883-1896
AteliersBruxelles (Belgique) ; Turin, Milan et Rome (Italie, lettres T, M et R) ; Berne (Suisse)
GraveurWiener, Devreese, Ferraris, Speranza, Walch et Bühler selon le type
TrancheSelon le pays et la période
RéférencesItalie 1875 R : KM 10.2, Pagani 472 ; Belgique 1914 : Morin 281 (légende française) et 282 (légende flamande)
Catégoriesétrangères, or

Belgique, Italie, Suisse : trois pays et trois portraits, mais une seule norme, celle du 20 francs français. Posez une de ces pièces sur la balance : 6,45 g, 21 mm, or à 900 millièmes, exactement comme un napoléon. Dans un lot familial, seuls la légende et le visage du souverain, ou celui d'Helvetia, permettent de les mettre à part.

Identification

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : reconnaître la pièce

20 francs or belge de 1867, avers : tête de Léopold II à droite

Avers

Trois familles de portraits. Belgique : le roi regarde vers la droite, avec « LEOPOLD PREMIER » (type de 1865) ou « LEOPOLD II ROI DES BELGES » et la signature « L. WIENER » ; en 1914, Albert Ier, en légende française (« ALBERT ROI DES BELGES ») ou flamande (« ALBERT KONING DER BELGEN »). Italie : le roi regarde vers la gauche, avec « VITTORIO EMANUELE II », puis « UMBERTO I RE D'ITALIA ». Suisse : Helvetia de profil, un diadème inscrit « LIBERTAS » dans les cheveux, entourée de « CONFOEDERATIO HELVETICA ».

20 francs or belge de Léopold II, revers : écu au lion couronné, devise « L’union fait la force »

Revers

Belgique : écu au lion sous une couronne, avec « 20 FRANCS » et l'année. Italie : écu de Savoie couronné, mention « REGNO D'ITALIA », « L. 20 » et lettre d'atelier. Suisse : écu à la croix, surmonté d'une étoile, dans une couronne mêlant chêne et olivier, avec « 20 FR » et le millésime.

Tranche
Elle varie selon le pays : inscription en relief sur les pièces belges et italiennes ; pour l'Helvetia, cannelée ou inscrite selon les années et selon les sources.
Graveur
Pour la Belgique, Léopold Wiener (Léopold Ier et Léopold II) et Godefroid Devreese (Albert Ier, 1914). Pour l'Italie, Giuseppe Ferraris (Victor-Emmanuel II) et Filippo Speranza (Humbert Ier). Pour la Suisse, dessin d'Albert Walch et Christian Bühler, coins gravés par Karl Schwenzer.
Millésimes et tirages

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : les dates à connaître

Le tableau est classé par année, tous pays confondus. Les lignes à plusieurs millions d'exemplaires (Léopold II surtout) correspondent aux pièces qu'on trouve le plus souvent. Les tirages à quelques milliers ou moins, chez les Helvetia de 1887, 1888, 1893 et 1895 et chez les premières lires de Turin et de Rome, sont ceux qui demandent un examen attentif.

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : millésimes et tirages
AnnéePays et typeAtelierTirageRemarque
1861Italie, Victor-Emmanuel IIT3 267Première année du royaume d'Italie.
1865Belgique, Léopold IerBruxelles1 558 413Seul type de Léopold Ier à 20 francs.
1867Belgique, Léopold II, grosse barbeBruxelles1 341 307Premier portrait de Léopold II.
1870Belgique, Léopold IIBruxelles3 191 203Courant.
1873Italie, Victor-Emmanuel IIRn. c.Date romaine très rare.
1875Italie, Victor-Emmanuel IIR51 000Faible tirage.
1877Belgique, Léopold II, barbe fineBruxelles5 906 070Plus fort tirage belge.
1882Belgique, Léopold IIBruxelles522 000Dernière date de Léopold II.
1882Italie, Humbert IerRn. c.Date la plus courante du règne.
1883Suisse, HelvetiaBerne250 000Première année du type.
1887Suisse, HelvetiaBerne176Grande rareté.
1888Suisse, HelvetiaBerne4 224Très faible tirage.
1893Italie, Humbert IerR41 214Date peu fréquente.
1893Suisse, Helvetia (or de Gondo)Berne25Petit poinçon sur l'écu.
1895Suisse, Helvetia (or de Gondo)Berne19Même marque.
1896Suisse, HelvetiaBerne400 000Dernière et plus forte année.
1914Belgique, Albert IerBruxelles125 000Légende française ou flamande ; tirage global des deux.

Sélection de dates, non exhaustive. Belgique : StashOfCoins et CoinVarieties, recoupés pour 1875, 1876 et 1882, Numisview pour 1914. Italie : CoinVarieties (1875 R), NumisBids (1861 T), CollectorsKey (1893). Suisse : Kettner Edelmetalle et Bdor, dont les chiffres concordent.

Trier un lot de 20 francs étrangers

Une boîte retrouvée dans une maison de l'arrière-pays mêle souvent des napoléons français et quelques pièces d'or étrangères du même format. Pour les séparer sans rien abîmer, procédez dans l'ordre.

  • Lisez la légende de l'avers. « ROI DES BELGES » ou « KONING DER BELGEN » : Belgique. « VITTORIO EMANUELE II » ou « RE D'ITALIA » : Italie. « CONFOEDERATIO HELVETICA » : Suisse. « REPUBLIQUE FRANÇAISE », « EMPIRE FRANÇAIS » ou le nom d'un roi de France : pièce française.
  • Nommez le souverain. Léopold II et Humbert Ier fournissent le gros des lots. Un Léopold Ier, un Albert Ier ou un Victor-Emmanuel II sort déjà de l'ordinaire.
  • Relevez la date, puis, sur les pièces italiennes, la lettre d'atelier du revers.
  • Pesez et mesurez : 6,45 g et 21 mm pour toutes. L'usure ne retire que quelques centièmes de gramme.

Glissez chaque pièce dans une pochette à part, avec une étiquette au crayon : pays, souverain, année. Ce rangement suffit pour retrouver dans le tableau des millésimes les dates à faible tirage, en particulier les Helvetia de 1887 et 1888 et les 20 lires frappées à Rome sous Victor-Emmanuel II. Ne frottez aucune pièce pour lire une date : une loupe et une lampe rasante font mieux.

Les 20 lires de la maison de Savoie

Avant de régner sur l'Italie, Victor-Emmanuel II était roi de Sardaigne, un État dont la capitale était Turin. Depuis 1816, ce royaume frappait à Turin et à Gênes une lire calée sur le franc, au même poids et au même titre. Ses 20 lires d'avant 1861 ont donc le format des pièces de l'Union, mais leur légende donne un titre de roi de Sardaigne, sans « REGNO D'ITALIA ».

En 1861, la lire sarde devient la lire du nouveau royaume d'Italie. Sous Victor-Emmanuel II, trois ateliers produisent des 20 lires : Turin (T), Milan (M), puis Rome (R) dans les années 1870. À Turin et à Milan, la lettre est accompagnée des initiales « BN », celles de la Banca Nazionale. Le règne totalise environ 11,7 millions de pièces de 1861 à 1878, mais la première année turinoise n'en a laissé que quelques milliers. Humbert Ier en fait frapper environ 8,8 millions de 1879 à 1897, toutes à Rome ; ses années 1884, 1889, 1891, 1893 et 1897 sont les moins fréquentes.

Les Italiens appellent ces pièces des marengos. Le nom remonte au 20 francs d'or émis par la République subalpine pour célébrer la victoire de Bonaparte à Marengo, le 14 juin 1800. Il s'est ensuite étendu aux 20 lires de l'Union, exactement comme « napoléon » chez nous.

À la loupe : variétés, usure et faux

Pièces belges. Le portrait de Léopold II porte d'abord une barbe épaisse et peu détaillée (1867-1870), puis une barbe plus fine. Faites tourner la pièce sur son axe vertical : selon les dates, le revers apparaît à l'endroit ou tête-bêche, deux positions recensées par les catalogues. Une variété de 1865 montre une signature mal orthographiée, « L. WINNER ».

Helvetia. Sur les millésimes 1893 et 1895, un minuscule poinçon au centre de l'écu et un or plus pâle signalent le métal extrait de la mine de Gondo, en Valais : quelques dizaines de pièces au total.

Usure. Les premiers reliefs à s'aplatir sont la barbe et les cheveux au-dessus de l'oreille de Léopold II, la moustache des rois italiens, la chevelure et le diadème d'Helvetia. Au revers, suivez la crinière des lions belges, la croix et le collier qui entourent l'écu de Savoie, les feuilles de la couronne suisse. Une soudure ou une trace d'anneau sur la tranche trahit un ancien montage en bijou ; des rayures fines et parallèles, un nettoyage. L'échelle est décrite dans le guide états de conservation.

Faux. Les dates italiennes rares sont les plus copiées, au point qu'une bonne partie des exemplaires proposés seraient des contrefaçons, parfois en or. Contrôlez le poids, le diamètre, la netteté de la tranche et la logique entre souverain, année et atelier : un Humbert Ier marqué T ou M doit faire douter. La méthode est détaillée dans reconnaître une fausse pièce.

Même format, autres pièces

Le module de 21 mm et 6,45 g a été repris bien au-delà des quatre pays fondateurs, d'où des confusions fréquentes.

  • Le Vreneli suisse, à partir de 1897 : jeune femme aux tresses devant des sommets, légende « HELVETIA ». Il a sa propre fiche, le 20 francs Vreneli.
  • Les 20 lires de Victor-Emmanuel III, frappées au XXe siècle, avec un autre portrait et d'autres revers ; certaines dates ont des tirages minuscules.
  • Les pièces d'or de Monaco : Charles III puis Albert Ier ont fait frapper des 20 et des 100 francs. La principauté était liée à l'Union par accord, sans en être membre.
  • Les 20 drachmes grecques, la Grèce ayant rejoint l'Union en 1868, et les 8 florins austro-hongrois, conçus pour correspondre à 20 francs.
  • Les 20 francs français, reconnaissables à « EMPIRE FRANÇAIS », « REPUBLIQUE FRANÇAISE » ou au nom du souverain : voir le 20 francs Napoléon Ier, le 20 francs Napoléon III et le 20 francs Cérès.

Repères chronologiques, de 1861 à 1927

  • 1861 : proclamation du royaume d'Italie ; les premières 20 lires « REGNO D'ITALIA » sortent de l'atelier de Turin.
  • 1865 : la Belgique émet l'unique 20 francs de Léopold Ier. Le 23 décembre, à Paris, la France, la Belgique, l'Italie et la Suisse signent la convention de l'Union monétaire latine : mêmes poids et mêmes titres pour l'or et l'argent, et pièces d'or des membres admises dans les caisses publiques des autres.
  • 1867-1882 : Léopold II fait frapper ses 20 francs par millions.
  • 1868 : adhésion de la Grèce.
  • 1879-1897 : 20 lires d'Humbert Ier, toutes frappées à Rome.
  • 1883-1896 : la Suisse frappe l'Helvetia, avant de passer au Vreneli.
  • 1914 : Albert Ier fait frapper un seul millésime. En France, la loi du 5 août suspend la convertibilité du billet en or ; l'or disparaît des paiements et se garde à la maison.
  • 1925-1927 : la Belgique dénonce la convention fin 1925 ; l'Union est dissoute le 1er janvier 1927.

Pendant un demi-siècle, ces pièces ont donc circulé d'un pays membre à l'autre, avant de dormir dans les coffres et les tiroirs. Pour situer les autres pièces de même métal ou de même origine, voir les monnaies en or et les monnaies étrangères.

À Mougins

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia en Côte d'Azur

Jusqu'en 1860, Mougins appartenait, avec tout le pays de Grasse, au département du Var, et le fleuve Var séparait la France du comté de Nice, terre de la maison de Savoie et du royaume de Sardaigne. De l'autre côté de la frontière, on payait en lires sardes, frappées depuis 1816 au même poids et au même titre que le franc. Le traité de Turin du 24 mars 1860 rattache Nice à la France, et l'arrondissement de Grasse rejoint le nouveau département des Alpes-Maritimes. Cette histoire frontalière éclaire la présence fréquente des 20 lires à côté des napoléons dans les successions de Mougins et de l'arrière-pays grassois.

20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : questions fréquentes

Pourquoi trouve-t-on des 20 lires dans des successions de la Côte d'Azur ?

Parce que ces pièces ont circulé librement entre les pays de l'Union latine de 1865 à 1914, et que l'Italie est toute proche. Jusqu'en 1860, Nice relevait même du royaume de Sardaigne, dont la lire était alignée sur le franc.

Que signifient les lettres BN à côté du T ou du M sur une 20 lires ?

Ce sont les initiales de la Banca Nazionale. On les voit sur des pièces de Victor-Emmanuel II frappées à Turin (T) ou à Milan (M). Les pièces de Rome (R) n'en portent pas.

Mon 20 francs suisse n'a pas de montagnes derrière le portrait : est-ce normal ?

Oui, s'il s'agit d'un Helvetia (1883-1896) : tête au diadème marqué « LIBERTAS » et légende « CONFOEDERATIO HELVETICA ». Les montagnes n'apparaissent qu'avec le Vreneli, à partir de 1897.

Une 20 lires datée d'avant 1861 appartient-elle à l'Union latine ?

Non : elle a été frappée pour le royaume de Sardaigne, avant l'Italie unifiée et avant la convention de 1865. Elle suit pourtant le même étalon, 6,45 g d'or à 900 millièmes. Une estimation gratuite permet de l'identifier précisément.