# L'écu d'argent des rois de France

> Un disque d'argent d'environ 40 mm, lourd d'une trentaine de grammes, avec un roi d'un côté et les armes de France ou une croix de L de l'autre : c'est un écu, la grande monnaie d'argent de la monarchie de 1641 à 1793. Il a été frappé pendant plus de cent cinquante ans dans une trentaine de villes. On le rencontre aussi sous la forme de ses fractions, du demi-écu au vingtième.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Argent 917 ‰ (11 deniers) |
| Poids de l'écu | 27,45 g (1641-1709), 30,59 g (écu aux trois couronnes, 1709-1715), 29,488 g (1726-1793) ; poids variables entre 1716 et 1725 |
| Diamètre | 37 à 41 mm selon le type |
| Années de frappe | 1641 à 1793 |
| Nominal | 3 livres en 1641, 6 livres après la réforme de 1726 |
| Divisions | Demi-écu, quart, cinquième, huitième, dixième, douzième, vingtième selon les époques |
| Ateliers | A (Paris), AA (Metz), B (Rouen), D (Lyon), K (Bordeaux), L (Bayonne), T (Nantes), W (Lille), & (Aix-en-Provence), 9 (Rennes) et une vingtaine d'autres |
| Graveur | Warin, Roettiers, Duvivier selon le règne |
| Tranche | « DOMINE SALVUM FAC REGEM » au XVIIIe siècle |
| Références | Gadoury 217 (aux palmes), 229 (aux trois couronnes), 322 (au bandeau), 356 (Louis XVI) ; Davenport ; Droulers |

## L'écu d'argent des rois de France : reconnaître la pièce

- **Avers** : Le roi en buste ou en tête seule, entouré de ses titres latins abrégés, par exemple « LUD. XV. D. G. FR. ET NAV. REX » : Louis XV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu. Louis XV et Louis XVI regardent vers la gauche.
- **Revers** : Selon l'époque : une croix de huit L couronnés, des couronnes ou des insignes royaux, ou bien l'écu ovale de France sous une couronne, entre deux branches d'olivier. La légende la plus fréquente est « SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM », que le nom du Seigneur soit béni, suivie de la date. La lettre d'atelier se trouve sous l'écu ou au centre de la croix.
- **Tranche** : Inscription « DOMINE SALVUM FAC REGEM » (Seigneur, sauvez le roi) sur les écus du XVIIIe siècle ; lisse sur l'écu de Louis XIII d'après Coinvarieties.
- **Graveur** : L'écu de Louis XIII est souvent rapporté à Jean Warin, attribution qui reste discutée. Norbert Roettiers grave l'écu aux trois couronnes, Joseph-Charles Roettiers l'écu au bandeau et Pierre-Benjamin Duvivier les écus de Louis XVI.

## L'écu d'argent des rois de France : millésimes et tirages

Plus de trente ateliers et un siècle et demi de frappe : un relevé date par date serait illisible. Les lignes suivent donc les grands types, du plus ancien au plus récent. Commencez par le poids, qui écarte d'emblée plusieurs périodes, puis comparez le revers. Les quelques tirages cités donnent un ordre de grandeur pour un atelier et une année.

| Type | Règne | Années | Poids | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Écu blanc, dit louis d'argent | Louis XIII | 1641-1643 | 27,45 g | Premier écu frappé au balancier ; Paris 1643 : 208 634 (différent point) et 342 870 (différent rose) |
| À la mèche courte | Louis XIV | dès 1643 | 27,45 g | Roi enfant, cheveux courts |
| À la mèche longue | Louis XIV | dès 1652 | 27,45 g | Une longue boucle tombe sur l'épaule |
| Au buste juvénile | Louis XIV | années 1660-1680 | 27,45 g | Daté jusqu'en 1680 dans certains ateliers |
| Aux huit L | Louis XIV | 1690-1693 | 27,45 g | Premier type de la réformation, souvent refrappé sur d'anciens écus |
| Aux palmes | Louis XIV | 1693-1701 | 27,45 g | Surtout refrappé ; Paris 1694 : 848 079 plus des flans réformés |
| Aux trois couronnes | Louis XIV | 1709-1715 | 30,59 g | Dernier type du règne ; Paris 1709 : 7 335 848 |
| Types de la Régence | Louis XV | 1716-1725 | variable | Poids modifiés à plusieurs reprises pendant le système de Law |
| Aux branches d'olivier | Louis XV | 1726-1740 | 29,488 g | Écu de 6 livres ; 1737 & (Aix) : 477 482 ; 1738 BB : 517 925 |
| Au bandeau | Louis XV | 1740-1770 | 29,488 g | Cheveux noués d'un ruban ; Metz 1754 : 78 020 |
| À la vieille tête | Louis XV | 1770-1774 | 29,488 g | Portrait du roi âgé |
| Aux branches d'olivier, buste habillé | Louis XVI | 1774-1792 | 29,488 g | Signé Duvivier ; Paris 1775 : 309 200 ; 1791 BB : 23 000 |
| Écu constitutionnel | Louis XVI | 1792-1793 | 29,48 g | Génie gravant la Constitution, légende « REGNE DE LA LOI » ; 1793 BB : « FRANÇAIS » au lieu de « FRANÇOIS » |

Types, poids et tirages d'après Coinvarieties, qui s'appuie sur le répertoire Droulers, sur Davenport et sur Gadoury ; poids de 1641 et de 1726 recoupés avec Wikipédia. Les limites de dates des types de Louis XIV changent d'un atelier à l'autre ; l'écu à la cravate et les émissions de la Régence ne sont pas détaillés.

## Une grosse pièce blanche dans une boîte : par où commencer

Les écus refont surface dans les tiroirs de commode, les boîtes à couture ou les bourses d'une maison de famille, souvent mêlés à des pièces de 5 francs du XIXe siècle. Quatre gestes suffisent pour les trier.

**Peser.** Une balance de cuisine au gramme près donne déjà la période : environ 27,5 g pour un écu du XVIIe siècle, environ 29,5 g pour un écu de 1726 à 1793, près de 30,6 g pour l'écu aux trois couronnes de la fin du règne de Louis XIV. Une pièce de 25 g est une 5 francs, pas un écu.

**Lire la légende.** Le chiffre romain après LUD donne le roi : XIII, XIIII, XV ou XVI.

**Regarder le revers.** Croix de L, trois couronnes ou écu ovale entre deux branches d'olivier : chaque dessin renvoie à une période.

**Chercher la lettre.** Sous l'écu de France ou au centre du revers, une lettre ou un signe désigne l'atelier : A pour Paris, D pour Lyon, & pour Aix-en-Provence. La liste complète se trouve dans le guide des [ateliers monétaires](https://numismatique-mougins.fr/guides/ateliers-monetaires/).

## Cent cinquante ans d'écus, en quatre temps

**1641, la naissance.** Dans la foulée du louis d'or, Louis XIII fait frapper au balancier une grosse pièce d'argent de 27,45 g à 917 millièmes, comptée pour 3 livres. On l'appelle écu blanc ou louis d'argent. Le balancier donne une pièce bien ronde, ce qui complique la rognure.

**1690-1715, les réformations.** Les guerres de Louis XIV pèsent sur le Trésor. Plutôt que de refondre les écus, les ateliers les refrappent avec un nouveau dessin, et le nombre de livres attribué à l'écu est relevé à plusieurs reprises. En 1709, l'écu aux trois couronnes passe à 30,59 g.

**1716-1725, l'instabilité.** Sous la Régence et pendant l'expérience de Law, le poids de l'écu change plusieurs fois.

**1726-1793, la stabilité.** La réforme de 1726, sous le ministère du cardinal Fleury, fixe l'écu à 29,488 g pour 6 livres. Ce standard ne bouge plus, de l'écu aux branches d'olivier de Louis XV jusqu'à l'écu constitutionnel de 1792-1793. L'écu disparaît ensuite au profit de la pièce de 5 francs. Le contexte est développé dans les [monnaies royales](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-francaises/royales/).

## Fractions et pièces qui portent le même nom

Le **demi-écu** reprend exactement le dessin de l'écu ; sous Louis XVI, il pèse environ 14,7 g pour 30,5 mm. Les petites fractions, du cinquième au vingtième, se ressemblent beaucoup entre elles : seule la balance permet de les départager sans hésiter.

Plusieurs pièces portent aussi le nom d'écu sans en être. L'**écu d'or** au soleil, antérieur à 1640, est une monnaie d'or, plus petite et sans portrait royal. Au XIXe siècle, le langage courant a continué d'appeler « écus » les [pièces de 5 francs en argent](https://numismatique-mougins.fr/pieces/5-francs-ecu-argent/), reconnaissables à leur légende en français.

D'autres pièces sont de vrais écus avec une particularité. Sous Louis XIV, l'atelier de Lille a frappé des écus dits de Flandre, aux armes de France et de Bourgogne. Au XVIIIe siècle, l'écu aux branches d'olivier a largement circulé en Allemagne du Sud et en Suisse sous le nom de *Laubtaler*, et certains portent une contremarque bernoise. À la même époque, l'Autriche frappait un autre grand thaler d'argent, le [thaler de Marie-Thérèse](https://numismatique-mougins.fr/pieces/thaler-marie-therese/), à ne pas confondre.

## Refrappes, différents et imitations

Sur un écu des années 1690 à 1709, il est fréquent de deviner sous le dessin les lettres ou le contour d'un type plus ancien. C'est la marque de la réformation, et les catalogues la décrivent comme telle. Un amateur qui découvre ces doubles contours croit parfois à une contrefaçon ; c'est au contraire un trait normal pour la période.

Les variétés tiennent aussi aux **différents**, de minuscules symboles choisis par le maître d'atelier et par le graveur et placés dans la légende. À Paris en 1643, par exemple, l'écu de Louis XIII existe avec un point ou avec une rose. Les écus frappés à Pau pour le Béarn ont, de leur côté, une titulature propre.

Deux familles de faux sont à connaître. Les faux d'époque, coulés ou en métal argenté, sont légers, ont une surface granuleuse et des lettres de tranche empâtées. Les copies récentes visent plutôt les types recherchés : relief mou, son sourd quand on fait tinter la pièce, diamètre légèrement faux. Le guide pour [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-mougins.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) reprend ces contrôles pas à pas.

## Patine, trous et usure

L'usure commence par les reliefs les plus hauts de l'avers : **les cheveux au-dessus de l'oreille**, le ruban ou le laurier, la joue, puis le drapé de l'épaule. Sur les écus de Louis XVI, les broderies de l'habit sont les premières à s'effacer.

Au revers, suivez la couronne qui coiffe l'écu de France et les trois fleurs de lis. Si les perles de la couronne ne se distinguent plus et que les branches d'olivier ne forment qu'une masse, la pièce a beaucoup servi.

Deux accidents reviennent souvent. Le **trou**, percé pour porter l'écu en médaille ou le coudre sur un vêtement, réduit nettement l'intérêt de collection. Le **nettoyage** laisse des micro-rayures et un blanc trop vif. À l'inverse, une patine grise ou dorée régulière est recherchée : ne la frottez pas. Voyez [pourquoi ne pas nettoyer une pièce](https://numismatique-mougins.fr/guides/nettoyer-une-piece/), le guide des [états de conservation](https://numismatique-mougins.fr/guides/etats-de-conservation/) et la page des [monnaies en argent](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-argent/).

## L'écu d'argent des rois de France à Mougins

Mougins faisait alors partie de la Provence royale : le village relevait de l'abbaye de Lérins, son seigneur jusqu'à la Révolution. L'atelier provençal d'Aix, lettre &, a frappé des écus en quantité : Coinvarieties relève par exemple 477 482 écus aux branches d'olivier datés 1737 &. Tout près, de l'autre côté du Var, le comté de Nice relevait de la maison de Savoie jusqu'en 1860 et comptait en écus piémontais : l'écu en usage à Mougins et celui de Nice n'étaient donc pas la même monnaie.

## Questions fréquentes

### Ma pièce d'argent pèse 25 g et non 29 g : est-ce un écu usé ?

Probablement pas. Un écu perd au plus quelques dixièmes de gramme à l'usure. Une pièce de 25 g, avec une légende en français, est une 5 francs du XIXe siècle.

### Mon écu porte un petit trou près du bord : que faire ?

Rien, surtout pas le reboucher. Le trou fait partie de son histoire ; un numismate en tient compte en décrivant la pièce.

### Que veut dire « SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM » ?

« Que le nom du Seigneur soit béni. » Cette devise latine accompagne la date au revers de la plupart des écus.

### Pourquoi l'écu n'a-t-il pas toujours le même diamètre ?

Le poids et le module ont changé avec les réformes, de 37 à 41 mm environ selon le type. Seule la comparaison avec le tableau permet de situer une pièce précise.

## Sources

- Wikipédia, Écu (monnaie)
- Wikipedia (EN), French écu
- Wikipedia (DE), Laubtaler
- Coinvarieties, France 1643-A écu (Louis XIII)
- Coinvarieties, France 1694-A écu aux palmes
- Coinvarieties, France 1709-A écu aux trois couronnes
- Coinvarieties, France 1737-& écu aux branches d'olivier (Aix)
- Coinvarieties, France 1738-BB écu aux branches d'olivier
- Coinvarieties, France 1754-AA écu au bandeau
- Coinvarieties, France 1775-A écu (Louis XVI)
- Coinvarieties, France 1791-BB écu
- Coinvarieties, France 1793-BB écu constitutionnel
- Coinvarieties, France 1775-BB demi-écu
- Wikipédia, Ateliers monétaires français (lettre & pour Aix)
- Wikipédia, Mougins (seigneurie de l'abbaye de Lérins)
- Wikipédia, Comté de Nice (frontière du Var, monnaies)

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Source : https://numismatique-mougins.fr/pieces/ecus-royaux-argent/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – MOUGINS, Maison Or & Bijoux Mougins, 1198 avenue de Font-Roubert, 06250 Mougins, 04 92 92 90 74. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
