# Écus de 5 francs en argent (1795-1878)

> Une grosse pièce blanche de 37 mm, lourde dans la main, avec un portrait ou trois personnages debout : c'est presque toujours un écu de 5 francs. Ce module de 25 g d'argent a traversé huit régimes, du Directoire à la IIIe République, et il a servi jusqu'en 1914. Pour savoir lequel vous avez, il suffit de suivre la chronologie.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Argent 900 ‰ |
| Poids | 25 g |
| Argent fin | 22,5 g |
| Diamètre | 37 mm |
| Tranche | Inscrite (légende selon le régime) |
| Années de frappe | An 4 (1795-1796) à 1878 |
| Ateliers | A (Paris), BB, K (Bordeaux), et selon les époques D (Lyon), W (Lille), Q (Perpignan), T (Nantes), MA (Marseille) et d'autres |

## Écus de 5 francs en argent (1795-1878) : reconnaître la pièce

- **Avers** : Il change avec le pouvoir en place. Trois figures debout (Hercule entre la Liberté et l'Égalité) sous la devise « UNION ET FORCE » pour le Directoire, puis « LIBERTE EGALITE FRATERNITE » en 1848 et sous la IIIe République. Un portrait nominatif pour les monarques : « NAPOLEON EMPEREUR », « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE », « CHARLES X ROI DE FRANCE », « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS », « NAPOLEON III EMPEREUR ». Une tête de Cérès avec « REPUBLIQUE FRANÇAISE » en 1849-1851, puis de nouveau en 1870-1871, avec ou sans légende.
- **Revers** : Deux grands dessins : soit « 5 FRANCS » inscrit dans une couronne de feuillage (types républicains, Napoléon Ier, Louis-Philippe), soit un écu d'armoiries surmonté d'une couronne (Louis XVIII, Charles X, Napoléon III tête laurée). Dans tous les cas, on y lit la date, la lettre de l'atelier et deux petits symboles appelés différents.
- **Tranche** : Lettrée. On y lit « GARANTIE NATIONALE » sur l'Hercule du Directoire, « DOMINE SALVUM FAC REGEM » sur Louis XVIII et Charles X, « DIEU PROTEGE LA FRANCE » sur la majorité des autres. Les écus de Louis-Philippe de 1830-1831 existent avec des lettres en creux ou en relief.
- **Graveur** : Augustin Dupré dessine l'Hercule de 1795, repris en 1848 et sous la IIIe République. Pierre-Joseph Tiolier puis Joseph-François Domard gravent Louis-Philippe, Eugène-André Oudiné la Cérès, Jean-Jacques Barre et son fils Albert-Désiré Barre les portraits de Louis-Napoléon puis de Napoléon III.

## Écus de 5 francs en argent (1795-1878) : millésimes et tirages

Plusieurs centaines de combinaisons date-atelier existent : ce tableau n'en retient que des repères, rangés par type, pour situer une pièce. Les lignes « n. c. » signalent un tirage introuvable de façon fiable. Une date peu frappée ne fait pas tout : un exemplaire très usé reste un exemplaire très usé.

| Type | Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Hercule, Directoire | An 4 | A | n. c. | Première année, Paris seul. |
| Hercule, Directoire | An 5 à an 9 | BB | n. c. | Une frappe BB chaque année. |
| Napoléon Empereur | 1809 à 1814 | A, BB et autres | n. c. | Revers « EMPIRE FRANÇAIS ». |
| Napoléon, Cent-Jours | 1815 | A et autres | n. c. | Frappe courte après le retour d'Elbe. |
| Louis XVIII tête nue | 1816 à 1824 | A, BB et autres | n. c. | Tranche « DOMINE SALVUM FAC REGEM ». |
| Charles X | 1824 à 1830 | A, BB et autres | n. c. | Deux portraits successifs. |
| Louis-Philippe, Tiolier et Domard | 1830 à 1831 | A, BB et autres | n. c. | Une dizaine de variétés et plus. |
| Louis-Philippe, IIe type Domard | 1837 | BB | 599 830 | Plus faible tirage BB du type. |
| Hercule, IIe République | 1848 | A | 16 648 144 | Courante. |
| Hercule, IIe République | 1848 | BB | 2 300 304 | Courante. |
| Hercule, IIe République | 1848 | D | 146 008 | Lyon, faible tirage. |
| Hercule, IIe République | 1849 | A | 29 337 998 | Très courante. |
| Hercule, IIe République | 1849 | BB | 2 594 259 | Courante. |
| Cérès, IIe République | 1849 à 1851 | A, BB et autres | n. c. | Tête de Cérès d'Oudiné. |
| Napoléon III tête nue | 1854 à 1859 | A et autres | n. c. | Portrait signé Barre. |
| Napoléon III tête laurée | 1867 | BB | 4 337 636 | Courante. |
| Napoléon III tête laurée | 1870 | A | 6 246 264 | Courante. |
| Napoléon III tête laurée | 1870 | BB (Strasbourg) | 2 022 004 | Dernier écu de l'atelier BB. |
| Cérès sans légende | 1870 | K | 569 662 | Défense nationale, seul type à K cette année. |
| Hercule, Défense nationale | 1870 | A | 335 609 | Retour de l'Hercule. |
| Hercule | 1871 | A | 237 906 | Différent abeille. |
| Hercule, Commune de Paris | 1871 | A | 256 410 | Différent trident, dit « Camélinat ». Recherchée. |
| Hercule | 1872 | K | 20 994 | Très faible tirage, rare. |
| Hercule | 1873 | A | 26 974 890 | La plus fréquente de la IIIe République. |
| Hercule | 1874 | K | 4 000 000 | Courante. |
| Hercule | 1876 | A | 8 800 000 | Courante. |
| Hercule | 1877 | K | 660 863 | Peu courante. |
| Hercule | 1878 | K | 363 130 | Dernière année, peu courante. |
| Hercule | 1878 | A | n. c. | Frappe minime, rare. |

Chiffres de BDOR (Hercule 1848-1849, Louis-Philippe 1837, Hercule 1872-1878) et de CoinVarieties, d'après Le Franc (2014), pour 1867, 1870 et 1871 ; Krause donne 4 224 000 pour 1867 BB. Dates et ateliers du Directoire d'après Le Franc (F.288). « n. c. » : tirage non connu de source sûre.

## Huit régimes, un même module : la frise des types

L'écu de 5 francs garde le même poids et le même diamètre pendant plus de quatre-vingts ans. Seuls le dessin et les légendes suivent l'histoire politique. Dans l'ordre :
- **1795-1803, Directoire et Consulat** : le groupe d'Hercule d'Augustin Dupré, daté selon le calendrier républicain (an 4, an 5…).
- **1803-1815, Bonaparte puis Napoléon** : le portrait du Premier consul, puis de l'Empereur ; le revers finit par porter « EMPIRE FRANÇAIS ». Les Cent-Jours de 1815 ont leur propre émission.
- **1814-1830, Restauration** : Louis XVIII, puis Charles X, avec les armes de France couronnées.
- **1830-1848, Louis-Philippe** : un premier portrait de Tiolier, puis plusieurs de Domard, le revers revenant à la couronne de feuillage.
- **1848-1852, IIe République** : retour de l'Hercule, puis la tête de Cérès d'Oudiné.
- **1852-1870, Second Empire** : Napoléon III tête nue, puis tête laurée avec les armes impériales.
- **1870-1878** : une Cérès de la Défense nationale, puis l'Hercule de la IIIe République jusqu'à l'arrêt de la frappe.La loi du 28 thermidor an III (15 août 1795) avait créé le franc ; celle du 7 germinal an XI (1803) le fixe à 5 g d'argent à 900 ‰, d'où les 25 g de l'écu. En 1878, la baisse de l'argent face à l'or pousse l'Union latine à suspendre la frappe. Repérez d'abord la famille de dessin, puis la date : vous savez alors à quelle ligne du tableau vous reporter.

## À la loupe : tranche, lettre d'atelier, différents

Prenez une loupe ×10 et tournez la pièce. La **tranche** confirme le régime : une tranche royale « DOMINE SALVUM FAC REGEM » sur un Hercule serait une anomalie. Les lettres doivent être régulières, bien alignées, sans bavure.

Au revers, la **lettre d'atelier** dit où la pièce a été frappée : A pour Paris, K pour Bordeaux, D pour Lyon, W pour Lille, Q pour Perpignan, MA pour Marseille, et d'autres selon les époques. Paris domine largement les tirages.

De part et d'autre, deux **différents**, très petits, désignent le directeur de l'atelier et le graveur. Ils séparent des pièces de même date et de même lettre. L'exemple classique est 1871 A : un différent abeille d'un côté, un trident de l'autre. Le trident correspond à la frappe faite pendant la Commune, sous la direction de Zéphirin Camélinat. Sous le Directoire, cherchez aussi les **chiffres regravés** (an 6 sur an 5, an 8 sur an 5) : les coins resservaient d'une année sur l'autre. Pour le rôle de chaque atelier, voyez [les ateliers monétaires](https://numismatique-mougins.fr/guides/ateliers-monetaires/).

## Pièces voisines qu'on prend pour un écu français

À partir de 1865, la Belgique, la Suisse et l'Italie partagent avec la France le système de l'**Union latine**. Leurs pièces de 5 francs ou de 5 lires en argent ont le même poids (25 g), le même titre (900 ‰) et le même diamètre : dans une boîte de famille, elles se mêlent aux écus français. Le royaume de Sardaigne frappait déjà une pièce de 5 lires de 25 g à 900 ‰ depuis 1816. La légende et le portrait (Léopold, Victor-Emmanuel, Helvetia) suffisent à les reconnaître. Voir [les pièces de l'Union latine](https://numismatique-mougins.fr/pieces/20-francs-union-latine/) et [les monnaies étrangères](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-etrangeres/).

Plus récente, la **5 francs Semeuse** en argent des années 1960 reprend une figure de femme, mais elle est bien plus légère et plus petite. Enfin, des **médailles et jetons** au module de l'écu reprennent l'Hercule ou un portrait royal : ils ne portent ni la mention « 5 FRANCS » ni lettre d'atelier. Avant le franc, l'Ancien Régime frappait ses propres écus d'argent, d'un tout autre dessin : ils sont présentés sur la page des [écus royaux en argent](https://numismatique-mougins.fr/pieces/ecus-royaux-argent/).

## Écus douteux : copies, faux d'époque, pièces nettoyées

Deux sortes de fausses pièces existent. Les **faux d'époque**, fabriqués pour circuler, sont souvent en étain ou en alliage pauvre : ils paraissent gris, sonnent sourd et pèsent moins de 25 g. Les **copies modernes**, plus soignées, visent les types recherchés. Une pièce coulée trahit sa fabrication par des grains en surface, des lettres arrondies et une tranche floue.

Trois mesures suffisent pour un premier tri : la balance (25 g, un peu moins sur une pièce usée), le pied à coulisse (37 mm) et l'aimant, qui ne doit pas attirer la pièce. La tranche doit être nette. Pour aller plus loin, lisez le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-mougins.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

Autre piège, plus fréquent : l'écu authentique mais **nettoyé**. Frotté au produit à argenterie, il prend une teinte blanche uniforme et perd ses reflets d'origine ; les collectionneurs le délaissent. Laissez la patine telle quelle et lisez [pourquoi ne pas nettoyer une pièce](https://numismatique-mougins.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## Juger l'usure d'un écu

Ces pièces ont servi longtemps : la plupart sont en état beau ou très beau, et les exemplaires sans usure sont rares avant 1848. Le premier relief qui s'efface dépend du dessin.
- **Hercule** : la poitrine et le genou du héros, la main posée sur l'épaule de la Liberté, puis les plis des drapés.
- **Portraits** : les mèches au-dessus de l'oreille, la pommette, les feuilles de laurier ; chez Louis-Philippe, les boucles de la nuque.
- **Revers** : les nervures de la couronne de feuillage, ou le détail des armoiries et de la couronne.Le poids de l'écu le rend sensible aux chocs : coups sur la tranche, marques dans le champ, rayures. Notez-les, car ils comptent autant que l'usure dans le classement. L'échelle utilisée (B, TB, TTB, SUP) est expliquée dans le guide des [états de conservation](https://numismatique-mougins.fr/guides/etats-de-conservation/). Pour replacer l'écu parmi les autres pièces de son siècle, voyez [les monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/) et [les monnaies en argent](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-argent/).

## Écus de 5 francs en argent (1795-1878) à Mougins

Jusqu'en 1860, Mougins et tout l'arrondissement de Grasse faisaient partie du département du Var ; de l'autre côté du fleuve Var, le comté de Nice relevait du royaume de Sardaigne. Depuis 1816, ce royaume frappait des pièces de 5 lires au même poids et au même titre que l'écu français, si bien que les deux monnaies pouvaient s'utiliser l'une pour l'autre. En 1860, le comté de Nice est rattaché à la France et l'arrondissement de Grasse rejoint le nouveau département des Alpes-Maritimes. Il n'est donc pas surprenant de trouver, dans une boîte de pièces du pays de Grasse, des écus français à côté de 5 lires sardes ou italiennes.

## Questions fréquentes

### Mon écu est daté « AN 7 » : quelle année est-ce ?

C'est le calendrier républicain. L'an 7 court de septembre 1798 à septembre 1799. Les écus Hercule du Directoire portent des dates de ce calendrier, à partir de l'an 4.

### J'ai une pièce de 5 lires qui ressemble à mon écu : est-ce la même chose ?

Elle suit le même standard : 25 g d'argent à 900 ‰, 37 mm. C'est une pièce sarde ou italienne, avec sa propre liste de dates et d'ateliers ; elle n'entre pas dans le tableau des écus français.

### Faut-il frotter un écu noirci pour lire la date ?

Non. Une loupe et une lumière rasante suffisent le plus souvent. Le nettoyage laisse des rayures et une teinte artificielle qui font perdre à la pièce son intérêt pour un collectionneur.

### Comment savoir à quel régime appartient mon écu sans lire la légende ?

Regardez la tranche : « GARANTIE NATIONALE » pour l'Hercule du Directoire, « DOMINE SALVUM FAC REGEM » pour Louis XVIII et Charles X, « DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour la plupart des autres. Un numismate peut confirmer le type lors d'une [estimation gratuite](https://numismatique-mougins.fr/estimation-pieces/).

## Sources

- Wikipédia, Type Hercule
- Le Franc (lefranc.net), liste des types de 5 francs
- Le Franc (lefranc.net), F.288 Union et Force
- BDOR, 5 francs Hercule 1848-1849
- BDOR, 5 francs Hercule IIIe République
- BDOR, 5 francs Louis-Philippe tête laurée
- CoinVarieties, France 1870-BB 5 francs
- CoinVarieties, France 1867-BB 5 francs
- CoinVarieties, France 1870-K 5 francs
- CoinVarieties, France 1871-A 5 francs
- Numista, 5 francs Hercule IIIe République (N# 1187)
- Wikipédia, Lire sarde (système de 1816, pièce de 5 lires à 25 g et 900 ‰)
- Wikipédia, Arrondissement de Grasse (passage du Var aux Alpes-Maritimes en 1860)

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Source : https://numismatique-mougins.fr/pieces/5-francs-ecu-argent/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – MOUGINS, Maison Or & Bijoux Mougins, 1198 avenue de Font-Roubert, 06250 Mougins, 04 92 92 90 74. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
