# 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe

> De la chute de l'Empire à la révolution de 1848, trois rois ont mis leur portrait sur le 20 francs or, sans toucher à son poids de 6,45 g ni à son titre. Un écu fleurdelisé au revers signale Louis XVIII ou Charles X ; la formule « ROI DES FRANÇAIS » signale Louis-Philippe. Ces règnes ont laissé plus de 29 millions de pièces, ce qui explique qu'on les retrouve si souvent mêlées aux napoléons dans une boîte de famille.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 900 ‰ |
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | 1814-1815 et 1816-1824 (Louis XVIII), 1825-1830 (Charles X), 1830-1848 (Louis-Philippe) |
| Ateliers | A (Paris), B (Rouen), H (La Rochelle), K (Bordeaux), L (Bayonne), MA (Marseille), Q (Perpignan), T (Nantes), W (Lille) |
| Graveurs | P.-J. Tiolier, A.-F. Michaut, N.-P. Tiolier, Domard |
| Tranche | DOMINE SALVUM FAC REGEM (Restauration), DIEU PROTEGE LA FRANCE (Louis-Philippe) |
| Tirage total | 5 643 979 (buste habillé), 12 743 702 (buste nu), environ 1,69 million (Charles X), 2 376 202 (Louis-Philippe tête nue), 6 868 934 (tête laurée) |
| Références | Le Franc F.517, F.519, F.520 à F.522, F.524, F.525, F.527 ; KM 750 (Louis-Philippe lauré) |

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : reconnaître la pièce

- **Avers** : Le roi et ses titres. Louis XVIII, « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE » : buste en habit en 1814-1815, buste nu de 1816 à 1824. Charles X, « CHARLES X ROI DE FRANCE » : tête nue tournée à gauche, nom MICHAUT sous le cou. Louis-Philippe, « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS » : tête nue signée TIOLIER en 1830-1831, tête laurée de Domard de 1832 à 1848.
- **Revers** : Sous Louis XVIII et Charles X, écu couronné aux trois lys encadré de deux branches de laurier, avec « PIÈCE DE 20 FRANCS », l'atelier et la date dans le bas. Sous Louis-Philippe, plus d'écu : « 20 FRANCS » et la date au centre d'une couronne, l'atelier au-dessous.
- **Tranche** : Restauration : « DOMINE SALVUM FAC REGEM » en creux, soit « Seigneur, sauve le roi ». Louis-Philippe : « DIEU PROTEGE LA FRANCE », en creux ou en relief pour la tête nue de 1830-1831, en relief pour la tête laurée. Un petit nombre de 1830 de Charles X ont une tranche cannelée.
- **Graveur** : Pierre-Joseph Tiolier (buste en habit de Louis XVIII), Auguste-François Michaut (buste nu de Louis XVIII, Charles X), Nicolas-Pierre Tiolier (tête nue de Louis-Philippe), Domard (tête laurée).

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : millésimes et tirages

Les lignes suivent l'ordre des règnes. Pour chaque roi, on a gardé les années les plus abondantes et les plus maigres. Cherchez la lettre sous l'écu ou sous la couronne : Paris (A) et Lille (W) dominent, tandis que Bayonne, La Rochelle, Marseille, Perpignan et Nantes n'ont frappé que de petites quantités. À Paris même, **1821**, **1823**, **1829** et **1845** sont des années très creuses.

| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- |
| 1814 | A | 2 683 837 | Louis XVIII, buste habillé ; « 4 court » et « 4 long » |
| 1814 | W | 59 724 | Le « 4 long » de Lille est la variété rare |
| 1815 | A | 2 467 038 | Dernière année du buste habillé ; existe à tranche lisse |
| 1815 | B | 23 054 | Seule frappe de Rouen pour ce type |
| 1815 | L | 54 702 | Fleur horizontale ou verticale, et date 5 sur 4 |
| 1816 | A | 167 921 | Première année du buste nu |
| 1816 | L | 853 | Plus faible tirage du buste nu |
| 1818 | A | 2 680 950 | Plus fort tirage du buste nu |
| 1818 | W | 1 315 276 | Plus fort tirage de Lille |
| 1821 | A | 11 761 | Très faible tirage pour Paris |
| 1822 | H | 1 253 | Seule frappe de La Rochelle |
| 1823 | A | 12 432 | Très faible tirage pour Paris |
| 1824 | MA | 2 001 | Seule frappe de Marseille |
| 1825 | A | 664 472 | Première année de Charles X |
| 1826 | Q | 4 574 | Seule frappe de Perpignan sous Charles X |
| 1828 | T | 3 151 | Nantes ; couronne à 4 feuilles et demie ou à 5 feuilles |
| 1829 | A | 7 783 | Plus faible tirage de Paris sous Charles X |
| 1830 | A | 431 495 | Charles X ; 4 feuilles et demie, 5 feuilles, date 30 sur 29 |
| 1830 | A | 18 391 | Louis-Philippe, tête nue de Tiolier |
| 1831 | A | 2 161 841 | Tranche en creux ou en relief |
| 1831 | T | 868 | Nantes, tête nue ; tirage minime |
| 1832 | A | 6 360 | Première année de la tête laurée |
| 1834 | L | 20 938 | Seule frappe de Bayonne sous Louis-Philippe |
| 1839 | A | 1 011 622 | Courante |
| 1840 | A | 2 045 362 | Plus fort tirage de Louis-Philippe |
| 1845 | A | 939 | Plus faible tirage de Paris pour la tête laurée |
| 1846 | W | 1 408 | Dernière frappe de Lille |
| 1848 | A | 441 796 | Dernière année de Louis-Philippe |

Nombres de pièces tirés des tableaux de BDOR ; 1816 L, 1816 W et 1833 A ont été comparés avec CoinVarieties, qui donne aussi 2 043 736 pour 1840 A. Les combinaisons retenues figurent au catalogue Le Franc. Une année à plusieurs variétés n'a qu'un seul chiffre, toutes variétés confondues. Hors tableau : le 1830 à tranche cannelée (F.522, 1 797 pièces selon Wikipédia) et les 871 581 pièces datées 1815 frappées à Londres (F.518).

## Trier les trois rois sur la table

Posez les pièces côté revers. Celles qui montrent un **écu couronné aux fleurs de lys** appartiennent à la Restauration : Louis XVIII ou Charles X. Celles qui portent simplement « 20 FRANCS » dans une couronne sont soit de Louis-Philippe, soit plus anciennes ou plus récentes, et il faut alors lire l'avers.

Retournez le premier tas. Louis XVIII apparaît d'abord en habit, avec des broderies sur l'épaule, en 1814 et 1815, puis le cou nu de 1816 à 1824. Charles X, de 1825 à 1830, se repère à son nom et à la signature MICHAUT sous le cou. Dans le second tas, la formule « ROI DES FRANÇAIS » isole Louis-Philippe : tête nue en 1830-1831, couronnée de laurier ensuite.

La tranche confirme le classement. La formule latine « DOMINE SALVUM FAC REGEM » appartient aux deux rois de la Restauration ; « DIEU PROTEGE LA FRANCE » revient avec Louis-Philippe. En quelques minutes, une boîte mélangée se range ainsi par règne, avant même de chercher les dates.

## Trente-quatre ans de portraits

Le système de 1803 survit à l'Empire. En 1814, Louis XVIII conserve le poids, le titre et le module, et change seulement l'effigie et les légendes. Pendant les Cent-Jours, alors que Napoléon a repris la frappe en France, une partie des 20 francs royaux datés 1815 est fabriquée à Londres.

Revenu à Paris, le roi adopte en 1816 un nouveau portrait, cou nu, gravé par Michaut. Ce graveur réalise aussi l'effigie de Charles X, roi à partir de 1824, dont les 20 francs commencent en 1825. Les journées de juillet 1830 changent la dynastie : Louis-Philippe se dit « roi des Français », et les lys quittent le revers. Une première tête nue, gravée par Tiolier, cède la place en 1832 à la tête laurée de Domard, qui tient jusqu'en 1848.

Au fil de la période, l'or se concentre dans quelques ateliers : neuf lettres sous Louis XVIII, surtout Paris et Lille sous Louis-Philippe. Ces pièces conservent leur pouvoir libératoire longtemps après leur règne et circulent jusqu'en 1914. Pour le cadre général, voyez les [monnaies du XIXe siècle](https://numismatique-mougins.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## Les millésimes qui méritent la loupe

Les années à petit tirage se trouvent d'abord dans les ateliers de province : 853 pièces pour 1816 L, 1 253 pour 1822 H, 2 001 pour 1824 MA. Paris a aussi ses années creuses, avec 939 pièces seulement en 1845.

Les variétés demandent un œil patient. Sur les 1814, le 4 de la date est court ou long. En 1815, Bordeaux, Bayonne et Perpignan ont regravé un 5 sur le 4 de l'année précédente, et le petit symbole de Bayonne ou de Perpignan, fleur ou grappe, est couché ou debout selon les coins. Sous Charles X, la branche de la couronne compte quatre feuilles et demie ou cinq feuilles. Certains 1830 de Paris montrent un 0 gravé sur un 9.

Ces dates rares attirent la fraude. Une lettre d'atelier ou un chiffre peuvent être retouchés sur une pièce banale : examinez le métal autour d'eux. Il circule aussi des contrefaçons en or, reconnaissables à un portrait sans netteté et à des lettres de tranche irrégulières. Vérifiez 6,45 g et 21 mm, puis suivez le [guide sur les fausses pièces](https://numismatique-mougins.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Les pièces voisines à ne pas mélanger

Le [20 francs Napoléon Ier](https://numismatique-mougins.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-ier/) partage exactement le poids et le module. Sa légende impériale le distingue, mais l'année 1815 réunit des pièces royales et des pièces des Cent-Jours : lisez toujours le nom.

Les mêmes rois ont fait frapper un [40 francs or](https://numismatique-mougins.fr/pieces/40-francs-or/) aux portraits identiques, plus large (26 mm) et deux fois plus lourd. Leurs [écus de 5 francs](https://numismatique-mougins.fr/pieces/5-francs-ecu-argent/) en argent reprennent aussi ces effigies, sur 37 mm. Après 1848, la République adopte d'autres dessins, comme le [20 francs Cérès](https://numismatique-mougins.fr/pieces/20-francs-or-ceres/).

Enfin, les catalogues signalent des épreuves sur flan bruni en 1814, 1815, 1830, 1832 et 1846 : leurs champs en miroir les distinguent des pièces de circulation. Elles sont rares, et une pièce simplement polie par un ancien propriétaire peut leur ressembler : le poli laisse des rayures fines, absentes d'une vraie épreuve.

## Repérer l'usure, roi par roi

La plupart de ces pièces ont beaucoup circulé : on les trouve surtout en TB ou en TTB. Sur les portraits, la mèche au-dessus de l'oreille et la joue se lissent les premières. Le buste en habit de 1814-1815 perd vite les plis et les broderies. Sur la tête laurée de Louis-Philippe, fiez-vous aux nervures des feuilles.

Au revers de la Restauration, observez le centre des fleurs de lys et la couronne au-dessus de l'écu : ils s'aplatissent avant les branches de laurier. Au revers de Louis-Philippe, les feuilles de la couronne restent séparées en TTB et se fondent en une masse en TB. Un exemplaire SUP garde un éclat d'origine autour des lettres.

Ne nettoyez rien : un frottement laisse des rayures fines qui ne partent plus. Voyez le [guide des états de conservation](https://numismatique-mougins.fr/guides/etats-de-conservation/) et la page sur le [nettoyage des pièces](https://numismatique-mougins.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe à Mougins

Entre 1814 et 1860, Mougins appartient au département du Var, dans l'arrondissement de Grasse, et le fleuve Var marque la frontière : le comté de Nice est rendu au roi de Sardaigne le 23 avril 1814. À partir de 1816, la lire du royaume de Sardaigne reprend le poids et le titre des pièces françaises, et ses 20 lire d'or sont frappées à Turin et à Gênes. Dans les successions du pays de Grasse, ces 20 lire voisinent donc parfois avec les 20 francs des rois de France ; voyez la fiche des [20 francs de l'Union latine](https://numismatique-mougins.fr/pieces/20-francs-union-latine/) pour les pièces de même module.

## Questions fréquentes

### Ma pièce montre un écu avec des fleurs de lys : quel roi est-ce ?

Louis XVIII ou Charles X. Le nom inscrit autour du portrait tranche : « LOUIS XVIII » ou « CHARLES X ». Louis-Philippe n'a jamais utilisé cet écu sur ses 20 francs.

### Pourquoi deux portraits différents de Louis XVIII ?

Le premier, en habit, date de 1814-1815. Après les Cent-Jours, un nouveau portrait au cou nu, gravé par Michaut, est utilisé de 1816 à 1824.

### Que veut dire la mention « ROI DES FRANÇAIS » ?

C'est le titre choisi par Louis-Philippe après la révolution de juillet 1830, à la place de « roi de France ». Elle permet de reconnaître ses pièces au premier coup d'œil.

### Une pièce de 20 lire trouvée avec ces 20 francs est-elle une copie ?

Pas forcément. Le royaume de Sardaigne a frappé des 20 lire au même poids et au même titre à partir de 1816. Ce sont des monnaies distinctes, à faire examiner comme les autres.

## Sources

- Le Franc, liste des types de 20 francs or (F.517 à F.527)
- Le Franc, 20 francs Louis XVIII tête nue (F.519)
- Le Franc, 20 francs Louis-Philippe Domard (F.527)
- BDOR, 20 francs Louis XVIII buste habillé
- BDOR, 20 francs Louis XVIII buste nu
- BDOR, 20 francs Charles X
- BDOR, 20 francs Louis-Philippe tête nue
- BDOR, 20 francs Louis-Philippe tête laurée
- CoinVarieties, 1816-L 20 francs
- CoinVarieties, 1840-A 20 francs
- Wikipédia, Napoléon (pièce de monnaie)
- Wikipédia, Lire sarde
- Wikipédia, Comté de Nice
- Wikipédia, Arrondissement de Grasse

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Source : https://numismatique-mougins.fr/pieces/20-francs-or-restauration-louis-philippe/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – MOUGINS, Maison Or & Bijoux Mougins, 1198 avenue de Font-Roubert, 06250 Mougins, 04 92 92 90 74. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
